Lecture au collège : Journal d’Adeline

L’Éducation Nationale propose aux collégiens une liste d’ouvrages pour enrichir leur expérience de lecteurs et susciter leur curiosité : récits, romans, contes, pièces de théâtre, poésie, bandes dessinées. Cette liste présente les ouvrages conseillés par niveau de classe.

Journal d’Adeline – Sélection officielle 2012 de l’Éducation Nationale

Niveau de classe : 3e
Auteur(s) : Marie SELLIER
Genre : récit – journal intime – histoire des arts
Relation avec le programme : XIXe siècle
Mots-clés : famille, sentiments

Présentation : Adeline tient un journal intime. Elle raconte sa vie à l’auberge de ses parents et y note ses impressions et sentiments. Un jour, un nouveau pensionnaire s’installe, il s’appelle Vincent. Cet homme va intriguer de plus en plus la jeune fille et sa famille. Il peint des choses, parfois insignifiantes, parfois intrigantes… Personnage troublant que cet homme. Se mêlent alors dans ce journal les réflexions d’Adeline sur Vincent Van Gogh, sur ses premiers émois amoureux, ses conflits avec sa mère…

Pertinence et intérêt de la lecture : C’est un bel ouvrage qui aborde de manière originale les deux derniers mois de la vie de Van Gogh. Entre fiction et réalité, ce roman est une belle réussite qui peut se lire à plusieurs niveaux selon l’âge du lecteur : l’histoire et l’intrigue pour les plus jeunes, la réflexion sur l’art, l’artiste et l’utilité de l’art pour les plus grands

Point particulier : Livre qui peut être lu en cinquième pour les passages descriptifs, en quatrième pour l’étude de l’énonciation

Note d’intention de l’auteur :

À propos du « Journal d’Adeline »

Depuis que j’écris des livres sur l’art pour les enfants, c’est-à-dire depuis plus de vingt ans, je cherche à m’approcher au plus près des artistes, comme si je me penchais au-dessus de leur épaule pour les regarder travailler. C’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour me glisser dans leur univers et tenter d’appréhender le mystère de leur création. Je crois bien que c’est toujours ainsi que j’ai procédé dans les quelque quarante-cinq livres que j’ai consacrés aux plus grands peintres et sculpteurs du monde.

J’ai créé quatre collections d’albums, pour la Réunion de Musées Nationaux (l’enfance de l’art, mon petit musée), Paris-Musées (Des mains pour créer) et Nathan (Entrée libre) avant de songer à aborder mes artistes par le biais du roman. C’est venu tout naturellement : un jour, j’en ai eu envie. Je voulais m’adresser aux adolescents, aux jeunes adultes, leur offrir plus de chair, plus de matière, les emmener plus loin à la rencontre d’un peintre, sans pour autant être pesante ou démonstrative. Je voulais que ça coule de source, que le lecteur ait vraiment plaisir à côtoyer l’artiste, qu’il le trouve fascinant, mystérieux, passionnant, que ça n’ait rien d’un pensum.
Ce ne serait plus moi qui me pencherais au-dessus de l’épaule de l’artiste mais un personnage de fiction. J’ai tout de suite pensé à Vincent Van Gogh et à Adeline, la fille des aubergistes chez qui il avait passé les derniers mois de sa vie à Auvers-sur-Oise. Elle n’est pas à proprement parler un personnage de fiction puisqu’elle a existé, côtoyé Van Gogh et posé pour lui comme en témoignent les deux portraits qu’il a peints en 1890, mais on ne sait quasiment rien d’elle. Le seul témoignage qui nous soit parvenu est une lettre de 1956 où elle relate des souvenirs vieux de soixante-six ans. Elle avait 76 ans. Rien ne s’opposait à ce que j’imagine la jeune fille qu’elle avait pu être, une jeune fille de 13 ans vivant à la fin du XIXème siècle, qui sortait de l’enfance et découvrait l’amour,  qui aurait souhaiter continuer ses études mais qui se heurtait à l’incompréhension de ses parents, et en particulier de sa mère avec laquelle elle était constamment en conflit.
Cette Adeline, on la découvre à travers son journal intime. Elle parle de son amoureux, de ses relations difficiles avec sa mère, de sa grand-mère adorée et bien sûr du peintre, un grand type roux, osseux, étrange, qui débarque en mai dans l’auberge de ses parents. Elle n’y connaît rien à l’art et c’est avec des yeux tout neufs qu’elle découvre sa peinture – qu’elle n’aime pas – et qu’elle le regarde vivre en artiste habité par sa création. Ebranlée par sa puissance de travail et sa détermination, elle cherche à comprendre cette urgence à créer qui l’anime tout entier. Peu à peu, elle entre dans son monde.

Pour que cela fonctionne, il fallait bien entendu pouvoir croire en cette jeune fille. Il fallait qu’elle existe pleinement pour ne pas apparaitre comme simple faire-valoir du peintre, créature sans épaisseur qui n’aurait été plantée dans le décor que pour me permettre de dérouler la biographie de Van Gogh. Mes deux héros, Vincent et Adeline, devaient avoir tous les deux la même présence, exister avec la même force, quitte à démêler le vrai du faux, comme je le fais à la fin de l’ouvrage.

J’espère avoir été convaincante et avoir réussi à faire vibrer le lecteur à l’unisson de leurs passions, de leurs désirs, de leurs joies ou de leurs peines. En tout cas, moi j’ai pris tant de plaisir à bâtir et écrire ce court roman que j’ai voulu réitérer l’expérience autour de deux autres artistes, Léonard de Vinci et Picasso. Le premier a inspiré Le sourire de ma mère, le second  Le fils de Picasso. Et je compte bien continuer…

Marie Sellier, 25 septembre 2012

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