Chronique – Ne t’arrête pas

Chronique rédigée par Magdalena sur le Blog Lire délivre

La chronique
Ne t’arrête pas de Michelle Gagnon est un premier tome qui nous entraîne rapidement ! C’est un thriller qui mêle avec habilité le suspense, l’action et l’émotion, grâce à une histoire complexe, mais aussi des personnages profonds et attachants. L’auteur a réussi à me captiver dès les premiers chapitres, sans pour autant croire le lecteur acquis.Si bien que les rebondissements s’enchaînent sans nous laisser reprendre notre souffle. Une intrigue menée tambour battant, aux thèmes aussi actuels qu’effrayants.

Que seriez-vous prêt à faire pour découvrir ce que l’on vous cache ? Ne vous arrêtez pas à ce qui est visible… Si ce n’était pas déjà le cas, je serais tombée amoureuse du genre thriller avec ce roman . J’aime quand l’auteur ne fait pas que ça, quand l’intrigue nous révèle des thèmes auxquels on ne s’attend pas. Quand en plus du thriller, du côté suspense/palpitant, il y a quelque chose de plus, qui vient jouer sur la corde touchant/palpitant. Et c’est ce que j’ai pu retrouver dans Ne t’arrête pas ! Une surprise/lecture aussi agréable qu’effrayante, de part sa réalité et son actualité.

Noa se réveille dans ce qu’elle croit être une chambre d’hôpital, jusqu’à ce que certains détails la fassent changer d’avis – des hommes armés, le fait qu’elle ne se souvienne de rien, des conversations étranges. Très vite, la jeune fille comprend qu’elle doit s’échapper. Ensuite, il faudra qu’elle découvre ce qui lui est arrivé… Ailleurs, des hommes tout en noir font irruption chez Peter et lui prennent son ordinateur. Le jeune homme sait qu’ils ne sont pas venus par hasard, il a effleuré quelque chose qu’il n’aurait pas dû approcher… Noa et Peter se mettent en quête de la vérité, sans avoir conscience des dangers qui les attendent.

Allez savoir où je suis encore allée chercher ça, mais en commençant ma lecture, j’étais certaine de tomber sur une histoire à base de manipulations génétiques et de nanotrucs… :roll: Bon, manipulations génétiques, il y a, donc je ne m’étais pas trompée sur toute la ligne. Mais c’était assez gênant parce que je pensais trouver quelque chose, que je n’ai pas trouvée du coup. Qu’à cela ne tienne, Michelle Gagnon a rattrapé la chose – inconsciemment – parce que ce qu’elle a insufflé dans Ne t’arrête pas est bien mieux que des nanotrucs.

Sous couvert de manipulations génétiques, l’auteur nous parle d’expériences pharmaceutiques et d’abandon, ces jeunes issus de foyers, qui passent de famille d’accueil en famille d’accueil, dont le système peine à s’occuper. Sans préjugés, avec subtilité, une dénonciation sans jugement, qui fait son effet. C’est donc dans ce cadre que l’on découvre Noa, dont les parents sont décédés dans un accident de voiture à ses six ans. Placée ensuite en foyer puis en famille d’accueil, puis rebelote, la jeune fille parvient à s’en sortir grâce à ses talents pour le hacking.

Et là, j’ai eu très peur que ça ne le fasse pas… L’idée en elle-même m’emballe toujours, les codes, les bas fond de l’internet, l’hacktivisme, le piratage, même si je n’en saisis strictement rien. Sauf qu’il y a toujours la possibilité d’aller trop loin, que l’auteur en écrive trop et nous perde dans un jargon qu’on ne connaît pas. Heureusement, ici c’est passé tout seul ! Néophyte ou hyper calé sur les bécanes, Ne t’arrête pas ne laisse personne de côté. Ce côté spécifique, un petit plus agréable, m’a totalement fascinée, sans jamais me larguer.

Et ceux qui m’ont encore plus intriguée, ce sont bien Peter et Noa. Noa d’abord, forcément, puisqu’elle est le personnage central de l’histoire, la clé. Et puis, honneur aux filles, les dames d’abord, tout ça tout ça… Même si Noa, c’est pas trop son truc. Je l’ai appréciée parce qu’elle est fraîche, très pragmatique et capable de raisonner rapidement, même sous la pression. Puis elle ne cherche pas à plaire, et j’ai kiffé ça aussi. Quant à Peter, c’est un peu l’archétype de l’adolescent dont les parents sont blindés et délaissent leur enfant. Pourtant, j’ai trouvé Peter attachant. C’est un personnage qui contient beaucoup, et son histoire est très touchante.

Noa et Peter forment un duo improbable – je ne compte plus le nombre de fois où je me suis demandé si ça allait vraiment marcher entre eux, s’ils étaient capables de s’entendre et de s’écouter. Mais à dire vrai, ils font tous deux ressortir le meilleur de l’autre, et c’était charmant. Un peu de lumière dans ce thriller aux abords assez sombre, ça fait du bien ! Sans compter les personnages secondaires, dont Cody et Amanda, qui ajoutent davantage de nuance à l’intrigue.

Vous l’aurez compris, on n’est pas exclusivement dans le thriller avec Ne t’arrête pas. Il y a aussi une part de deuil, des touches d’émotion. L’atmosphère n’est pas seulement urgente à cause de ce qui arrive à Noa, elle est aussi poignante grâce à tout ce que Michelle Gagnon met en plus dans son récit. Les thèmes qu’elle aborde, avec efficacité, les relations entre les personnages, le vécu de chacun. Et le tout sans qu’aucun aspect ne vienne en détrôner un autre. Tout est à la bonne mesure. Si bien que j’ai hâte d’avoir la suite !

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