Chronique – Cet été-là

Chronique rédigée par Madgalena Pedroni pour le blog Liredelivres.

La chronique

Cet été-là de Sarah Ockler est un roman aux allures d’été ! Mais derrière sa couverture bleu ciel/bleu mer se cache une histoire sur le deuil et la reconstruction, teintée d’amitié et de premier amour. Si bien qu’il reste léger, triste sans en être lourd. Anna et Frankie sont deux meilleures amies qui s’apprêtent à passer des vacances d’été ensemble, sous le soleil brûlant de la Californie. Et elles pourraient en revenir avec plus qu’un coup de soleil… L’écriture de Sarah Ockler plonge le lecteur dans chaque émotion, faisant véritablement vivre l’histoire. Une histoire tout en délicatesse, idéale pour nous accompagner dans nos propres vacances.

L’été et ses lectures estivales : une intrigue en bord de plage, légère, entraînante, des romans faciles et captivants. C’est dans cette optique que je me suis lancée dans Cet été-là de Sarah Ockler, même si le résumé semblait dire que l’histoire ne serait pas si facile que ça… Je me suis laissée porter par la plume de l’auteur, suivant l’histoire d’Anna et du secret qu’elle cache à sa meilleure amie depuis la mort de Matt, le frère de cette dernière. Et si je n’en ressors pas avec un coup de coeur, je n’en resterai pas moins marquée par ce récit.

Matt, sa soeur Frankie et Anna forment un trio inséparable depuis leurs plus jeunes années. Le jour de ses quinze ans, Anna découvre que ses sentiments pour Matt sont réciproques. Ils vivent alors un mois parfait, à redécouvrir l’autre, mais aussi à cacher leur histoire, pour ne pas brusquer Frankie. Matt veut lui annoncer la nouvelle pendant leurs vacances familiales à Zanzibar Bay, en Californie. Mais le jeune homme décède brutalement avant d’avoir dit quoi que ce soit… Anna pourra-t-elle surmonter son deuil et raconter son idylle à sa meilleure amie ?
Après #Scandale [éd. Nathan] et Le pacte des coeurs brisés [éd. de la Martinière Jeunese], je découvre enfin Sarah Ockler avec Cet été-là. Ses romans rencontrent un franc succès outre Atlantique [ici aussi j’espère] et j’étais curieuse de la lire enfin, de me confronter à ses récits comme à sa plume. Ce fut une belle expérience, teintée de rires et de larmes, partagée entre le passé et le présent. Sarah Ockler tisse une histoire délicate sur le deuil, l’amitié et le premier amour, portée par des personnages pour lesquels on se prend vite d’affection.
Sous fond de soleil, d’océan et de sable chaud, l’auteur nous entraîne dans le récit d’un drame qui laisse d’un côté une famille en deuil et de l’autre une jeune fille avec un lourd secret… Anna et Matt ont vécu une histoire d’amour d’un mois, qu’ils ont choisi de garder cachée à cause de/pour Frankie, la soeur de Matt, la meilleure amie d’Anna. Mais alors que Matt décède brutalement et que son prénom devient douloureux pour l’ensemble de sa famille, Anna se retrouve seule avec ses souvenirs, son manque et cette impression d’avoir vécu un rêve éveillée.
Un an plus tard, la famille emmène Anna en Californie, où ils passent leurs vacances d’été depuis des années. Mais ce sera la première sans Matt, qui reste dans les pensées de chacun. Cela se traduit par les nouvelles habitudes de Frankie (la cigarette, les garçons, les mensonges), par des disputes sans crier garde, par des heures de silence et de regards hagards. Anna aussi le pense encore, coincée dans cet amour qu’elle n’a pas assez partagé, dans le silence qu’ils se sont imposés. Et voilà que Frankie et elle se lancent dans un défi pour l’été : rencontrer/flirter avec vingt garçons. Parce que selon sa meilleure amie, il est temps qu’Anna fasse ses premières expériences. Mais cela signifie-t-il oublier Matt et ce qu’elle ressent pour lui ?
Je me suis très vite prise d’affection pour Anna. Elle est un peu introvertie, un peu effacée et fait passer les autres avant elle-même, notant ses émotions dans un journal qu’elle adresse à Matt. Frankie est plus extravertie, davantage encore après le départ de Matt. C’est un peu le bout en train du duo qu’elles forment à présent, malgré elles. Très vite, leur été des vingt « conquêtes » devient surtout un été vérité : celui où elles affrontent pleinement la mort de Matt et la vie sans lui. Frankie ne veut plus qu’on la (sur)protège et Anna va devoir, pour une fois, se révéler ses propres sentiments.
Vous le comprenez donc : Cet été-là est ce genre de récit en demi teinte, presque trompeur – même s’il n’est à aucun moment proche de l’apitoiement. Tantôt mélancolique, tantôt rieuse, la plume de Sarah Ockler évoque le deuil comme le premier amour, drapés dans un décor lumineux. Ses mots sont sensibles et délicats, nous imprégnant de l’ambiance « triste » du roman sans que celle-ci nous gagne complètement. Le lecteur n’en garde que la beauté des émotions, la touche d’espoir qui nimbe le récit et le bruit des vagues, amenant son lot d’histoire et de renouveau.

Et s’il ne fallait qu’une citation pour vous convaincre :
« Lorsque l’on perd un être cher, les gens s’inquiètent toujours de savoir si on tient le coup. En réalité, ça ne les intéresse pas vraiment. […]
Ils ne veulent pas savoir que vous ne mangerez plus jamais de gâteau d’anniversaire parce que vous avez peur d’effacer le goût magique du glaçage sur ses lèvres. Que vous vous réveillerez chaque matin en vous demandant pourquoi vous êtes en vie et pas lui. Que vous passerez le premier après-midi de vos premières vraies vacances assise face à la mer, en plein soleil, à attendre un signe de sa part. »

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